Marionnette Chorégraphique

Publié le par La Compagnie Désuète

 

Une des premières étapes est de comprendre comment une marionnette, une matière  fonctionne, quel est son rythme, pour aller jusqu’à sentir comment une marionnette transcende le vivant.

 

Diriger une marionnette n’est pas simplement donner une indication à un acteur ou à un marionnettiste, c’est comme de la chorégraphie, cela engendre une succession de gestes pour que l’intention puisse sublimer les contraintes techniques.

 

Pour diriger une marionnette, il faut comprendre comment elle fonctionne, quel est son fonctionnement physique, quel est son rythme. Il faut une véritable recherche sur l’usage du corps de la marionnette et de son propre usage, pour aller vers la chorégraphie des intentions de la marionnette.

 

Il faut éprouver la marionnette, comment elle s’assoit, comment elle respire, quel est son rythme, sa vitesse, son rapport à la gravité. Qu’elle est son type de fonctionnement ; est ce qu’elle peut faire des choses en apesanteur, ou par terre ?

 

Quel est le potentiel  de la marionnette ? Et c’est dans ce registre qui se révèle, que l’on va écrire son mouvement d’intentions-actions. On dessine avec la marionnette. On dessine le mouvement dans l’espace. La direction de son regard, la direction de son intention, du mouvement de ses bras, de  celui  de son corps dans chaque mouvement.

 

Il y a une organisation de coordination pour traduire chaque intention.

 

Cela devient de la chorégraphie d’intention.

 

Pour arriver à obtenir quelque chose de vivant et de non technique, quand nous travaillons sur un geste, quand nous travaillons sur un déplacement, cela va reposer beaucoup sur l’intention et la mise en mouvement, ce qu’on appelle en danse le « prémouvement ».

 

La marionnette ici remplace véritablement un acteur. Un être absent.

Cette femme éprouve à ramener de l’humain à ce squelette, à la matière, à la marionnette. Cette femme sublime leur relation vivante (femme-être animé), la rendant plus réelle, plus présente qu’entre deux acteurs vivants.

 

La reconnaissance des détails de l’humain, dont la respiration, permet de nous approcher de l’humain ; Et il est nécessaire qu’au mouvement, à l’intention, il y ait cette puissance de la projection pour que la femme seule projette de la vie dans la matière, dans la marionnette avec qui elle est en relation. L’actrice déplace du vivant dans de la matière en mouvement.

 

 

Publié dans PLus Rien Ne Bouge

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